
« Conditions
climatiques et compétitions cyclistes –Atmosphères de Courses »
Jean Paul Bourgier et Gérard Staron
Juin 2007, 315
pages, 42 tableaux, cartes et croquis
Editions L’Harmattan,
collection « Espaces et Temps du sport »
« Un tandem professoral décortique la petite
reine …
Le moyen de faire un ouvrage de géographie appliquée à partir du sport
cycliste …
S’adresse, tout à la fois, aux passionnés de cyclisme, de climat, de géographie »
La gazette, P. Françon ,14 juillet 2007
Un tandem de géographes :
Les auteurs, agrégés et docteurs en géographie, enseignent au lycée
Claude Fauriel à Saint-Etienne.
Après avoir travaillé sur les mutations du monde rural, Jean-Paul
Bourgier, fervent cyclotouriste, consacre
ses recherches à l’histoire et à la géographie des pratiques sportives, plus
particulièrement celles du cyclisme.
A publié : Cours
Fauriel, lieu mythique du Tour de France à Saint-Etienne, Feurs, éd.
Claude Bussy, 2002
Gérard Staron, spécialiste de l’hiver dans le Massif central, des
crues de la Loire et d’autres rivières, intervient dans différentes revues,
radios et portails Internet, sur des thèmes de climatologie et d’hydrologie.
A publié : Le ciel tomberait-il sur nos têtes ? Lyon,
ALEAS 2003
Une préface de Jean- Marie Leblanc :
Voici un livre qui ne va pas vous apprendre l’histoire du cyclisme, ni
la vie des grands champions, ni les techniques d’entraînement ou les tactiques
de la compétition. Les passionnés de vélo ont tout le loisir de faire ample
moisson de connaissances, dans ces différents domaines, tant il s’est publié
d’ouvrages - souvent excellents - au fil des années. Il est vrai qu’aucun autre
sport ne donne lieu à une littérature aussi foisonnante, aussi variée, et le
plus souvent captivante.
Or, ces pages qui suivent, je les ai dévorées parce qu’elles ont tout
d’abord le charme de l’inédit car leur thème n’avait jamais fait l’objet de la
moindre approche, par qui que ce soit. Ensuite, parce que leur contenu est
passionnant, car fort instructif.
Le mérite de Jean-Paul Bourgier et Gérard Staron n’est pas mince, en
effet, d’avoir pris le parti d’innover en se lançant dans ce qui n’est pas
seulement un ouvrage didactique - ce qui serait peut-être un peu rébarbatif -
mais à une explication de courses, un peu comme au collège on fait des
explications de textes. Et la clé de ces explications ? La météorologie.
Surprenant non ?
Ils partent, nos deux amis, du constat suivant : « Les routiers sont confrontés aux
conditions météorologiques, qui peuvent perturber le déroulement des
compétitions. Les très fortes chaleurs, mais aussi et surtout le vent, le
froid, la pluie glaciale ou d’orage, entraînent des événements extrêmes pour la
pratique du vélo, en particulier aux grands moments de l’histoire ».
Qui a vécu la fantastique victoire de Bernard Hinault dans la neige et le froid
du Liège-Bastogne-Liège 1980 (dont son organisme a conservé des marques)
comprend tout à fait cela, et s’incline.
Ce n’est bien entendu qu’un exemple, qui dit assez l’influence du
contexte climatique dans un sport de « pleine nature » comme l’est le
cyclisme. Alors, conjuguant leur passion pour le vélo et leurs connaissances
climatologiques, les deux auteurs nous font une analyse magistrale de la
manière dont le temps, et en particulier le vent, peut peser sur le déroulement
d’une course. « Notre
conviction, disent-ils, est que les
lieux et les conditions climatiques constituent une entrée novatrice restée à
ce jour trop timide…Le cyclisme porte très haut le rôle de la géographie ».
La notre, de conviction, et cela tombe bien, est la même. Combien de
fois n’a-t-il pas fallu expliquer à des journalistes peu au fait de la pratique
cycliste, ou mal intentionnés - allez savoir ! – que les coureurs ne
méritaient pas d’être sévèrement taxés de passivité durant la première semaine
du Tour de France 1996 qui se déroula sous la pluie et par vent de face. Ou
bien encore que si Mario Cipollini avait battu le record de vitesse dans une
étape du Tour (50,355 km/h sur les 194 kilomètres de Laval à Blois en 1999), ce
n’était pas forcément le fait du dopage, mais plutôt d’un fort courant de
nord-ouest qui propulsa ce jour-là le peloton sur un parcours de début de Tour
dépourvu de difficultés.
Avec méthode, avec une pertinence et une objectivité de bon aloi, les
auteurs relèvent et décortiquent la plupart des excentricités du baromètre et
de l’anémomètre qui ont joué des tours aux coureurs et aux organisateurs du
Tour, du Giro et de la Vuelta, mais aussi du Dauphiné Libéré, de Paris-Nice et
des classiques d’Europe du Nord. Ce livre réhabilite la part de la raison ou si
voulez de la rigueur scientifique là où, parfois, l’ignorance et la
précipitation additionnées conduisent à l’excès et à l’erreur, dans
l’interprétation des faits et des performances.
Ceux qui ont la charge d’organiser les compétitions, ceux qui les
commentent, ceux qui élaborent les stratégies de leurs coureurs et plus
largement ceux qui veulent mieux comprendre le cyclisme tireront profit de ces
pages documentées - car Bourgier et Staron ont leurs références et connaissent
leurs classiques !- qui donnent un éclairage nouveau à certains épisodes
du passé et de mieux interpréter certains autres à venir. Car ce n’est pas
demain que les « bordures » disparaîtront dans le vélo et c’est là
encore un effet des éléments naturels qui apparaît largement dans ce livre.
C’est tellement important - ceux qui ont couru me comprendront ! –
qu’on se devait pour une fois, de parler de la pluie et du beau temps dans le
vélo. Merci à nos deux complices pédagogues de l’avoir fait avec autant de
compétence et de clarté.
Jean-Marie
LEBLANC
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